Du XIIIe au XVIIe siècle

Fondation 

Au début du XIIIème siècle, le territoire est vierge de tout habitat et prolonge les landes du plateau de Lannemezan.

La bastide de Montréjeau (Montréal de Rivière) fut fondée en 1272 à la suite d’un traité de paréage entre Eustache de Beaumarchais, sénéchal du Roi de France Philippe III le hardi, et le seigneur terrien Arnaud d’Espagne-Montespan, vicomte de Couserans qui possédait des friches à cet emplacement.

La fondation de Montréjeau arrangeait les deux parties. La royauté, par ce biais, pouvait resserrer son étau sur le coté de Comminges qui ne lui appartenait pas encore et cela lui permettait l’implantation de son autorité au cœur des récentes possessions de la maison Foix-Béarn en Nébouzan.

Le seigneur de Montespan, avec Montréjeau, trouvait enfin un point central au milieu de ses domaines. Ainsi il assurait la liaison entre son château de Montespan et ses terres du Louron. 

Création

L’acte de création fut passé au château de Montespan fin septembre, un mardi après la fête de la saint Michel, devant de nombreux témoins. Le paréage nous apprend que deux baïles (agent du Roi ou d’un seigneur chargé de fonctions administratives et judiciaires) furent choisis, l’un par le représentant du roi- Eustache de Beaumarchais-et l’autre par le seigneur de Montespan.

Ce dernier se réserva le droit de nommer un agent spécial qui montrerait aux baïles les terres du baron. Il devait s’occuper de la distribution des places offertes à chaque nouvel arrivant moyennant une redevance sur les futurs revenus. Les emplacements, divisés en parts égales, étaient composés d’un lot dans l’enceinte de la ville destiné à la construction de la maison «domorum», un lot proche de l’habitation, souvent à l’intérieur de l’enceinte «le casal» qui servait de jardin, et d’un lot affecté à l’exploitation agricole « l’arpent ». 

Peuplement, population et développement 

Le peuplement de Montréjeau se fit très rapidement. Ces colons étaient attirés par l’heureuse situation de la bastide et par les concessions promises. Les baïles de la ville assignaient les lots au fur et à mesure que se présentaient des gens pour les « acquérir ». Moins de deux ans après l’appel d’offre d’habitats, il y avait une centaine d’habitants dans la ville. Au commencement du XIVème siècle, trente ans après le paréage, la bastide devait être entièrement peuplée. En 1330, 143 hommes sont recensés (il s’agit sûrement d’un recensement par feux), de qui représente environ une population de 400 à 500 habitants. Le centre d’attraction de la bastide n’a guère dépassé un rayon d’une cinquantaine de kilomètres (villages voisins du Nébouzan, de la Bigorre, des diverses vallées pyrénéennes).

Développement d’une étonnante rapidité : Trente ans après le paréage, la ville était toute entière bâtie, enceinte de remparts édifiés par les gens de Montréal eux-mêmes, en même temps qu’ils édifiaient leurs maisons et leur église.

Administration locale

L’organisation de l’administration locale était partagée entre :

  • Les 4 consuls (élus pour un an) qui administraient la ville (budget, respect des coutumes, collecte d’impôts…) et la représentaient.
  • Le conseil étroit (anciens consuls) qui servait surtout lors des élections ou pour aider les consuls pour des délibérations délicates.
  • Le conseil des douze qui assistait les consuls pendant l’année et donnait son avis pour les affaires de la ville.
  • Le conseil général qui regroupait tous les chefs de familles de la ville, appelés à voter par les consuls chaque fois que se présentait une affaire intéressant directement les familles.
  • Les syndics (nommés par les consuls) qui aidaient ces derniers dans les travaux d’ordre public et de toutes les affaires concernant la gestion de la ville. 

Jugerie royale de Rivière

Les Rois de France ont voulu faire de Montréjeau le siège d’une judicature : la jugerie de Rivière. Son activité était intense. Elle s’occupait de toutes les affaires concernant directement la bastide, meurtres, litiges comme ceux par exemple entre Montréjeau et la famille Montespan ou entre Montréjeau et l’abbaye de Bonnefont au sujet des délimitations de la bastide.